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Abbas Kiarostami sera présent à Toulouse au mois de mars 2007. L'occasion de faire le point sur l'oeuvre du cinéaste iranien, avec un Colloque international, organisé par le Laboratoire de Recherche en Audiovisuel de l'Université de Toulouse le Mirail, une rétrospective de l'oeuvre au Cinéma ABC, une table ronde, la projection du Tazieh au TNT, des lectures et une exposition de peintures à la Librairie Ombres blanches, enfin, une exposition de photographies sur le thème de l'Arbre au Centre Culturel Bellegarde. |
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ABBAS KIAROSTAMI, LE CINÉMA A L’ÉPREUVE DU RÉEL
Manifestation culturelle, Toulouse, 10-18 mars 2007Sous la direction scientifique de Philippe RagelLaboratoire de Recherche en Audiovisuel (LARA)Université de Toulouse II - Le MirailLe réel a toujours une puissance de fiction et de poésie qui me porte et stimule mon activité créatrice Abbas Kiarostami PRÉSENTATION GÉNÉRALE En son temps déjà, Platon avait entrepris de penser le rapport de l'image au réel, ouvrant la voie à une riche tradition spéculative : il le faisait, bien sûr, en philosophe. Ouvreur de chemins, arpenteur de formes, le cinéaste iranien Abbas Kiarostami sans conteste un des artistes les plus importants apparus ces trente dernière années n'a cessé lui aussi dans son domaine de se confronter à cette problématique majeure. A l’origine sans nul doute de cet attachement au réel : les productions pédagogiques du jeune Kiarostami dans le cadre du département de cinéma du Kanun, qu’il fonde en 1970 sous le régime du Shah et où il signe son premier court métrage, Le Pain et la rue. Suivront une vingtaine de films, tous de facture réaliste, mais où le cinéaste ne cède jamais pour autant à la tentation d’un naturalisme facile, témoignant dès cette époque des liens complexes qui ne cesseront d’unir documentaire et fiction jusque dans ses plus grandes œuvres (Le Passager, Devoirs du soir, Close-up). Pour autant, Kiarostami reste ignoré en Occident, alors même que l’Iran traverse de violentes crises (révolution islamique de 1979, guerre de huit ans avec le voisin irakien). L'Europe ne le découvre qu’en 1988 avec Où est la maison de son ami ?, premier volet d'une trilogie qui le hisserait bientôt au rang international. En 1992, Et la vie continue… remporte ainsi le prix Rossellini à Cannes, alors que le festival de Locarno lui consacre une intégrale dès 1995 et que Kurosawa l’invite au Japon. Une fièvre Kiarostami s’empare dès ce moment de l’Europe, on le compare à Hitchcock. En point d'orgue de cette reconnaissance, le festival de Cannes lui décerne la Palme d’or pour Le Goût de la cerise en 1997, la Mostra de Venise le Grand prix du jury en 1999 pour Le Vent nous emportera. Mais jamais en reste avec le réel en dépit de cette notoriété désormais mondiale, Abbas Kiarostami se tourne alors vers les technologies numériques naissantes et signe deux films qui prouvent à la fois une grande indépendance vis-à-vis du monde professionnel et un désir de liberté jamais entamé. Ce seront ABC Africa en 2001 et Ten en 2002, deux films où la question du réel se voit reformulée par l’entremise d’un dispositif réduit à l’essentiel. C’est donc bien légitimement que ce problème du réel sera au cœur de notre manifestation. Réel, on l’aura compris, que l’œuvre même de Kiarostami nous invite à ne pas envisager de façon trop étroite : il est certes en question dans la difficulté de l’artiste à en définir l’essence, mais aussi, entre autres, dans sa difficulté à se dire, à laisser sa trace dans l’acte de création. Tous ces sujets trouveront dans notre manifestation de plusieurs occasions d’être débattus. D’abord, naturellement, dans le cadre du colloque international qui en est le cœur et où les plus grands spécialistes de l’œuvre de Kiarostami se retrouveront autour de cette problématique. Mais aussi par le biais des rencontres diverses proposées par les nombreux partenaires culturels toulousains associés à notre projet et qui nous rappellerons notamment que Kiarostami n’est pas seulement cinéaste : mêlant cinéma, théâtre, poésie et photographie, elles offriront à nos regards, en la présence de l’artiste lui-même, un ensemble de créations qui, chacune à sa manière, illustreront ce thème commun du rapport de l’art au réel. |
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