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- 19 octobre 2010 -

Parution du numéro thématique
"Le post-humain et les enjeux du sujet"

Coordonné par Xavier LAMBERT et Michel LAVIGNE

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Numéro thématique : Le post-humain et les enjeux du sujet

Aziz et Cucher, Interior 1, 1999

La publication de ce numéro thématique s’inscrit dans le prolongement d’une journée d’études organisée en mai 2009 à l’université de Toulouse-Le Mirail dans le cadre du Laboratoire de Recherches en Audiovisuel (LARA), qui a regroupé plasticiens, philosophes, et psychanalystes. Cette journée avait pour objectif de s’interroger sur un concept récurrent qui traverse aussi bien le champ de l’art, que celui de la philosophie, voire celui de la psychanalyse, sans parler des enjeux politiques qu’il sous-tend, la question du post-humain.

Plus précisément, il s’agissait de réfléchir à la façon dont la question du sujet s’articulait avec celle du post-humain, étant entendu que le sujet est une donnée spécifique de l’humain. Dès lors que l’on parle de dépassement de l’humain, le sujet conserve-t-il toute sa place, est-il amené à muter, ou tout simplement, la question du sujet n’est-elle plus d’actualité dans la problématique du post-humain ?

Les textes sont regroupés en trois parties. La première partie, Les enjeux du post-humain, pose la question du post-humain dans sa relation au sujet, à son inscription dans le contexte idéologique et la façon dont il interroge la création artistique. La seconde partie, Le corps en devenir, s’intéresse au devenir du corps à travers la façon dont il s’inscrit, ou dont on l’inscrit, en articulation avec les technologies contemporaines (numérique, biotechnologies …). La troisième partie, Le corps refiguré, s’attache au corps tel qu’il peut être repensé, réorganisé, reconfiguré par son amplification technologique.

Les enjeux du post-humain

Marie-Jean Sauret, dans Une mutation anthropologique, s’interroge, du point de vue de la psychanalyse, sur les appareils anthropologiques dont l’humain s’est doté à travers son histoire pour « traiter » sa « précarité ontologique ».

Gérard Pirlot, lui, dans Vers un inconscient sans sexualité, une conscience sans sujet, un indivis-individu sans sujet, situe d’abord la question du post-humain au regard de la remise en cause de la psychanalyse au profit des neurosciences qui dé-contextualisent le sujet souffrant « de toute historialité, toute histoire ». Il établit une relation entre cette « attitude scientiste » et le développement du libéralisme, et, plus récemment, du néolibéralisme.

Cette question de la société capitaliste contemporaine comme système de fabrication du post-humain, Ophélie Hernandez l’aborde aussi, mais sur un autre registre, dans Polymorphie du corps post-humain. Analysant quelques aspects caractéristiques de ce qu‘elle définit comme « notre Société du Spectacle » : des exemples de publicité, l’émission Miss Swan, et le monde virtuel de Second Life, elle se propose d’établir que c’est un procès de désincarnation physique et psychique qui est à l’œuvre à travers la diffusion des « dogmes du “jouir” et de la polymorphie du corps ».

Xavier Lambert analyse les fondements historiques de l’articulation sujet-individu en relation avec la naissance de la modernité occidentale. Dans Le sujet de la création, il analyse la figure de l’artiste comme figure exemplifiante de cette articulation, à travers, notamment, la question de l’autoportrait.

Le corps en devenir

Éliane Chiron, dans Méta-corps et immersion numérique, s’appuie sur une création personnelle pour interroger « ce qui, dans l’usage créateur du numérique, serait artistique, au-delà de la technique inséparable du vivant. » Elle s’appuie sur le principe de virtualisation par l’utilisation de l’outil numérique pour aborder le « concept de post-humain créateur » en posant une double hypothèse : Le sujet posthumain émergerait sous l’aspect du méta-corps, par immersion numérique. Les opérations créatrices conduiraient à métamorphoser la notion de « sujet », qui serait indifféremment l’auteur des images et ses « modèles »

Carole Hoffmann pose l‘hypothèse que les technologies contemporaines, à travers la question du corps et de ses représentations symboliques, réinterroge la place de l’humain dans le tableau taxinomique. Dans Humain, bien trop humain, elle dresse un inventaire des dispositifs de transformation du corps que permettent les technologies actuelles, les technologies du vivant en particulier. Elle aborde en particulier la problématique du corps prothésé et de l’obsolescence du corps auquel il renvoie en en inscrivant le dépassement.

Dans Le post-humain : régression vers le pré-humain ?, Anaïs Lelièvre s’appuie sur sa propre pratique artistique. Elle s’inscrit d’emblée dans une perspective qui prend la contrepartie des déclarations catastrophistes aussi bien qu’enthousiastes sur les enjeux du post-humain, en proposant une alternative positive dont la création artistique représenterait une manifestation emblématique. Loin de rejeter le corps dans une virtualité qui le nie, la création artistique numérique tendrait au contraire à retrouver un corps primordial qui en constituerait la véritable virtualité.

Céline Henry, dans Le corps photographié se souvient du futur, s’interroge sur la façon dont la photographie, en tant que medium, joue un rôle privilégié dans les productions artistiques qui s’articulent à la question du post-humain. Partant du constat que la photographie a joué un rôle important dans la documentation des travaux sur le corps (performance, envent…) dans le cadre du Body Art, notamment, elle s’interroge sur le glissement qui s’opère, notamment du fait du numérique, vers une nouvelle figuration du corps.

ORLAN représente incontestablement une figure fondatrice du post-humain par la façon dont elle pose, à travers son œuvre, la question du dépassement de l’humain. Angélique Gozlan s’attache particulièrement, dans Envisager Orlan, corps et identités dans le monde contemporain, à mettre en évidence l’apport singulier de l’artiste dans les questions touchant au dépassement de l’humain à partir, notamment, de celle du dépassement du corps en articulation avec les technologies contemporaines.

Le corps refiguré

Jacques Brunet-Georget met en tension le « post-organique » de ORLAN et la « post-sexualité » de Cronenberg dans Crash. Dans « Devenir-machine » et post-organique : une lecture d’ORLAN et de Cronenberg, il prolonge le « devenir-animal » de Deleuze et Guattari par un « devenir-machine » que permettent les porosités corps-machine. Ce devenir n’installe pas une mutation radicale mais installe un « entre » « parce que la déterritorialisation qu’il opère est toujours double, il entraîne l’un et l’autre ».

Vincent Souladié, dans Les mutations du corps dans le cinéma américain des années quatre-vingt : disparition, substitution, résistance, étudie la façon dont le statut du corps a évolué concomitamment avec le développement de l’image numérique. Il pose d’abord le rôle majeur de la figuration du corps humain dans la reconnaissance de l’univers figuratif. Puis il analyse les avatars que va subir cette représentation à travers des œuvres significatives de cinéastes américains tels que Carpenter, Cameron, et Cronenberg.

Somphout Chanhthaboutdy s’intéresse, quant à lui, à la façon dont les technologies contemporaines posent per se, la question du post-humain. Dans Les enjeux d’immortalité pour le post-humain, dans la réalité et dans le monde virtuel des jeux vidéos, il met en parallèle le projet transhumain que laissent entrevoir l’articulation des biotechnologies et des technologies numériques, d’une part, avec ce qui se met en place comme définition, re-définition de l’humain, dans les jeux vidéos et autres mondes virtuels.

Simone Sausse, enfin, dans L’entre-deux du corps extrême : post-humain ou trop humain, établit un parallèle fructueux entre « les corps de l’extrême », terme qui, pris d’un point de vue clinique, recouvre les corps altérés, et le « devenir-animal ou le devenir-machine du post-humain.

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